Jura, des vins et des villages

14.06.2016 | Promenades dans les vignes

Sur les routes du Jura, les villages viticoles racontent bien des histoires. Les maisons vigneronnes témoignent d’une vie d’hier et d’aujourd’hui où le travail de la vigne côtoie la culture des céréales et l’élevage. On vous livre quelques clés pour décrypter ces lieux hauts en couleurs.

Pupillin_byAlainTournier

Le visage des maisons vigneronnes du Jura

Vous arrivez dans le village de L’Etoile réputé pour ses vins et ses châteaux ? À Montigny-les-Arsures, capitale du Trousseau ? Dans le pittoresque Frontenay ? Ou encore à Pupillin, à Passenans ? Ou même là où la vigne est aujourd’hui plus rare, à Saint-Amour ou à Maynal, à la frontière Sud du Revermont ?

Alors, ouvrez l’œil et observez les maisons. Pour plusieurs d’entre elles, un escalier extérieur monte vers la porte d’entrée de l’habitation ; une ouverture donne accès à une cave à moitié enterrée au-dessous : vous êtes sans doute face à une maison vigneronne traditionnelle.

Cultiver la vigne… mais pas que !

Jusque dans les années 1950, c’est ce genre de bâtisses qu’occupent les vignerons. Aujourd’hui, elles ne servent souvent plus que d’habitation lambda. Mais elles restent les témoins du quotidien des Jurassiens du 19e siècle. À cette époque, les vignerons n’avaient pas encore le choix de la polyculture, c’est-à-dire d’être aussi cultivateurs de céréales ou éleveurs pour éviter les conséquences désastreuses d’une éventuelle mauvaise récolte de raisins.

Un refuge pour les hommes et les bêtes

La conséquence de cette diversification ? Les maisons vigneronnes du Jura se divisent en trois parties :
– une première travée pour l’habitation et la cave, à moitié enterrée en-dessous,
– une autre pour l’étable,
– et une dernière pour la grange dont l’étage abrite les récoltes (pour la consommation humaine) ainsi que le fourrage pour les bêtes.

 Manger, boire et dormir dans une maison vigneronne du Jura

Si vous avez la chance d’entrer dans l’une de ces maisons vigneronnes du Jura, vous arriverez directement dans « l’outo », la pièce où le vigneron prend ses repas  en famille et reçoit ses amis. Une trappe appelée « dérobe-vin » permet ici d’accéder directement à la cave. Une autre pièce suit, c’est le « poêle », où l’on dort et reçoit les proches.

Une cave aux airs d’église, qu’on se le dise !

Pour découvrir une cave peu commune de maison vigneronne, ne manquez pas celle du domaine Pignier, à Montaigu ou encore celle de La Cave de la Reine Jeanne à Arbois. Avec des voûtes en ogives gothiques et des piliers centraux, on se croirait presque dans une église !

Les paysages viticoles, entre châteaux et abbayes.

Le passé viticole n’a pas laissé que des maisons de polyculteurs dans le paysage du Jura. A Montigny-les-Arsures, par exemple, se dressent fièrement plusieurs châteaux. À Château-Chalon, c’est l’abbaye qu’il faut découvrir, avec ses espaces destinés à la vinification. Car la majorité des vignes appartenaient aux femmes qui ont séjourné dans ces lieux. Le premier indice ici encore ? Ce sont les escaliers extérieurs, témoins de l’histoire (mouvementée) de cette abbaye de Château-Chalon, d’abord abbaye de bénédictines puis monastère de chanoinesses et abbesses, à qui la tradition attribue l’origine du savagnin, ce cépage qui sert à l’élaboration du fameux vin jaune.

Merci à Philippe Bruniaux, adjoint au maire chargé de la Culture et de la Communication, pour ses commentaires – au Pays d’art et d’histoire du Pays du Revermont Poligny-Arbois-Salins pour son exposition « Paysage et architectures vigneronnes »  – et au photographe Alain Tournier.

Crédits photos Alain Tournier, Archigraph.

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