Les vins du Jura s’exportent bien, merci !

22.01.2018 | Œno’logique

Elle est loin l’époque où les vins jurassiens n’étaient connus, presque, que des consommateurs francs-comtois ! Désormais, notre petit vignoble possède de nombreux adeptes à travers le monde. Les vins du Jura à l’export, c’est une réalité, un passé, et surtout, un avenir. Pour nous en parler, rien de mieux qu’un des précurseurs de ce développement international, Pierre Rolet, d’Arbois.

L’export et le Jura, ça date !

Pierre Rolet s’en souvient comme si c’était hier. Et pourtant, ça remonte à plus de vingt ans. Son activité internationale a commencé avec la Belgique et l’Allemagne. Géographiquement logique. Puis vint le Québec, suite à des contacts noués sur son caveau d’Arbois. « Plutôt que d’attendre, on a décidé d’exploiter ces touches de façon active en allant au devant de ces nouveaux clients potentiels » se rappelle Pierre. Le vigneron arboisien passe alors la vitesse supérieure en participant à des salons professionnels. Vinexpo ou Prowein font depuis longtemps partie des rendez-vous privilégiés du domaine Rolet. Comme l’explique Pierre, « on était parfois noyé dans la masse des exposants mais quelque contacts nous suffisaient pour nous conforter dans notre idée de nous développer à l’international. On savait qu’il y avait des marchés à conquérir, une place à prendre ! » Une âme de prospecteur que le domaine Rolet entretiendra au fil des années, à coup d’actions individuelles mais aussi collectives, notamment avec l’Interprofession et ses séances de dégustation à Londres, New York, Chicago, Montréal, Los Angeles…

 

Une délégation de vignerons jurassiens aux États-Unis en 2017

L’export, un business à part

Les vins du Jura ont une belle carte à jouer en dehors de nos frontières. À condition d’accepter les nouvelles règles du jeu. Déjà, il faut faire preuve de patience. Ici, on ne s’adresse pas ou peu à des particuliers mais à des importateurs. « Entre le premier contact et la première commande, il peut se passer des semaines voire des mois. Au début, j’ai été surpris, même déçu. J’avais l’impression de perdre mon temps » confie Pierre. C’est qu’à l’export, le fonctionnement est différent : il faut rencontrer l’importateur, lui présenter les vins qu’il va devoir ensuite lui-même faire découvrir à son équipe chargée de les vendre. Un délai qui peut encore s’allonger avec l’attente pour le référencement au catalogue ! L’export c’est aussi une dépense. Pour l’envoi des échantillons, les déplacements, la réalisation des documents en plusieurs langues, la personnalisation des contre-étiquettes avec des logos et mentions spécifiques… Chez Rolet, on a même choisi de travailler avec une agente commerciale qui propose ses services à plusieurs domaines : « elle se déplace plus que moi. Et puis il faut savoir s’entourer des personnes qui ont les compétences et les disponibilités que nous n’avons pas toujours ! » Pierre le reconnaît volontiers, les marchés étrangers sont plus exigeants et il vaut mieux s’y engager en étant d’abord bien implanté localement. Mais le retour sur investissement est réel. Aujourd’hui, le domaine familial fait plus de 30 % de son chiffre à l’international, un ratio qui a décuplé en l’espace d’à peine six ans !

Séance de dégustation animée par Wink Lorch, journaliste anglaise du vin, auteure d’un livre sur le Jura

Les vins du Jura : un exotisme qui plaît

Selon Pierre Rolet, il est assez simple de trouver une ou deux références de vins jurassiens dans un bar branché de New York. Paradoxalement, ça l’est beaucoup moins sur… Paris ! Notre pénétration des marchés internationaux s’appuie beaucoup sur le Crémant du Jura, un produit aux qualités plus universelles. Le reste de la gamme n’a plus qu’à suivre. Pierre le constate depuis longtemps : « que ce soient nos blancs typés ou nos rouges légers, nos vins suscitent du plaisir et de l’intérêt auprès des initiés en quête de nouveautés. Ils constituent un excellent moyen de différenciation pour les cavistes et les importateurs. » La Société des Alcools du Québec est ainsi devenue un client régulier auprès d’une dizaine de vignerons jurassiens, dont les vins sont distribués dans les magasins dits « de spécialités ». Bien souvent, les importateurs séduits par les vins du Jura commandent… et recommandent ! Une vérité valable partout. En 2018, le domaine Rolet est présent dans une trentaine de pays. États-Unis, Québec, Norvège, Chine, Japon, Nouvelle-Zélande, Mexique, Brésil… des contrées aussi différentes les unes des autres mais avec un intérêt commun pour les vins authentiques et de qualité

Pierre Rolet dans sa cave d’Arbois

 

L’export : une activité d’avenir pour les vins du Jura 

L’exemple du domaine Rolet n’est pas un cas à part. « On a été une dizaine à défricher le terrain auprès de pays qui n’avaient aucune idée où se trouvait le vignoble jurassien. Aujourd’hui, d’autres vignerons, jeunes et moins jeunes, tentent leur chance et ils ont bien raison, » s’enthousiasme le viticulteur arboisien. Il est vrai que le Jura a tout à gagner à élargir ses horizons de commercialisation. À condition évidemment de ne jamais perdre son identité, il peut faire de l’export un fabuleux tremplin dont profiterait tout un vignoble. Pour Pierre Rolet, la principale difficulté se situe peut-être dans la taille même ce vignoble. Deux mille hectares, c’est très peu, mais la rareté na jamais été un frein à l’export et le Jura dispose encore d’une réserve potentielle de terres AOC quatre fois supérieure. Comme le dit si bien Pierre « il faut continuer à enfoncer le clou ! »

Les vins du Jura, un potentiel international à développer

 

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