Musique et vin : l’intime harmonie

20.06.2017 | Débats de comptoir

À l’occasion du festival de musique baroque du Haut-Jura, nous avons rencontré Lucas Peres, musicien au sein du Poème Harmonique de Vincent Demestre, directeur du festival. Durant plusieurs jours, la musique sera à l’honneur mais aussi le vin au cours de quelques dégustations précédant les concerts du week-end In Vino Veritas. Vin et musique, des liens se tissent…

L’invitation au voyage

Au cœur de l’abbaye impériale de Baume-les-Messieurs, le concert Au cours du Monde embarque le public dans un parcours musical du 17e siècle à travers la France, l’Italie, l’Espagne, la Grèce, la Turquie… « Comment ne pas voir dans cette invitation au voyage musical la possibilité d’imaginer aussi le voyage du vin et des cépages » s’interroge le musicien. « Quoi de mieux, pour illustrer différents pays, différentes atmosphères et paysages sonores que de se confronter au bouquet coloré de vins provenant de ces contrées ? Leur robe, leur parfum, leur palais sont autant imprégnés de ces lieux que la musique elle-même » nous raconte Lucas. Il est vrai qu’entre un verre de Chianti et un autre de Château-Chalon, le voyage est tout aussi plaisant, mais différent. Idem pour une valse et un titre des Stones ! Les classiques sont partout…

 

Perceptions et émotions

Durant ses dégustations d’avant concert, Lucas tisse des liens. Ce n’est pas pour rien que le nombre de participants est limité à une vingtaine de personnes. Avec les œnologues Philippe Troussard et Bernard Vacaneo, priorité est donnée à l’échange. « La musique comme le vin ont des choses à raconter. Nous créons une atmosphère intimiste pour que chacun exprime ce qu’il ressent » explique-t-il. Tandis que les œnologues parlent d’équilibre, le musicien parle d’accords, mais il n’est question que de notes et d’harmonie. Dans les deux univers, on part toujours d’une sensation, ce n’est qu’après que vient l’émotion, le souvenir, la connaissance… À l’image des Tarentelles, ces chansons italiennes endiablées nées de la piqure de l’araignée, l’ivresse de la musique n’a rien à envier à celle que peut provoquer le vin en cas d’abus. La longueur d’un vin en bouche vous imprègne autant qu’une mélodie qui vous trotte dans la tête.

 

L’amour du noble métier

L’analogie vin et musique est enfin une histoire de tradition, de travail et de passion. Comme l’explique Lucas, « ces dégustations sont l’occasion d’ouvrir de petites portes qui jettent différentes lumières sur le métier de musicien en connexion avec le vin. » Là encore, les deux cultures sont très proches. À l’image des musiciens baroques qui reproduisent les mélodies d’époque, certains vignerons renouent avec les processus de vinification des temps passés. L’analogie se retrouve jusque dans l’objet, le matériau. « Nos instruments sont fabriqués selon les bois, les formes et les angles des instruments d’époque. Un vigneron accorde autant d’attention à l’essence de ses tonneaux ou à la taille de ses vignes » souligne Lucas. Et on ne vous parle pas de toutes ces heures passées à transformer l’ouvrage en un petit trésor d’harmonie.

Plus d’infos sur le festival de musique baroque du Haut-Jura

Vous avez aimé ? Partagez-le ! / You like it? Share it!

Twitter Facebook Linkedin Google+ Pinterest

Ecrire un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *