Percée des mystères

15.03.2019 | Promenades dans les vignes

Dans le Jura, et bien au-delà désormais, la réputation de la percée du vin Jaune n’est plus à faire. Il faut dire que la plus grande fête viticole de France a de la bouteille. Plus de vingt années au compteur et toujours une belle santé.  Le succès de l’édition 2019 prouve que les organisateurs (et bénévoles) n’ont rien perdu de la détermination des premières heures. Deux d’entre eux reviennent sur les coulisses de cet événement symbolique pour tout un département.

 

Une percée pour arrêter de confondre vin Jaune et vin de paille

Tout est parti d’un constat : celui fait par les vignerons jurassiens voyant régulièrement les consommateurs faire l’amalgame entre vin Jaune et vin de paille. « Le vin Jaune est mystérieux, complexe, puissant en arômes. Il a besoin d’être expliqué pour être apprécié à sa juste valeur. Le meilleur moyen d’apprendre à le connaître, de le rendre plus accessible, c’est de créer un moment de convivialité festif propice à l’échange, à l’envie d’aller plus loin dans la découverte » argumente Philippe Noir, Président de la percée 2019. En 1996, ce constat pousse Bernard Badoz et une poignée d’autres vignerons jurassiens à créer une manifestation dédiée au vin Jaune. Ils s’investissent (dans tous les sens du terme) beaucoup et suscitent autant d’interrogations que d’encouragements. Une association voit le jour, les bénévoles se structurent et un nom émerge suite à un sondage dans le journal Le Progrès ! La première percée du vin Jaune se tient à Poligny en 1997, réunissant plus de 15 000 visiteurs ! L’aventure démarre fort.

Photo : Philippe Bruniaux

 

La première percée du vin Jaune en 1997, déjà tout un rituel

Un événement porté par la profession

Qui dit percée, dit dégustation, ce rituel se voulant autant un moyen de découvrir le vin Jaune que l’homme qui l’a élaboré. Pendant de nombreuses années, les milliers de bouteilles que les vignerons ouvraient le jour J étaient rétribuées en fonction des bénéfices engendrés par la manifestation. « Avec des vins valorisés parfois au tiers de leur prix réel sur le marché, cela représentait un effort financier significatif pour la profession » nuance Jean-Charles Tissot, vice-Président de la percée. Inscrites dans l’ADN de l’événement viticole jurassien, ces dégustations ont largement contribué à sa renommée et à celle du Jura de manière générale. Depuis trois ans, elles font l’objet d’un budget fixé en amont de la manifestation. L’objectif est double : garantir un prix de vente minimum pour s’assurer d’un maximum de participation des vignerons.

Photo : Philippe Bruniaux

 

Dégustation à la percée de 1998… le Jaune coule à flot

 

Du Jaune haut en couleurs

D’entrée de jeu, les organisateurs ont voulu que la percée se déroule sur deux jours. Si la dimension festive et cérémoniale des débuts demeure bien présente (cortège, mise en perce, vente aux enchères…), l’événement a connu quelques étapes significatives. Aux animations de rue, s’est ajouté un volet culturel avec l’apparition des colloques : les paysages viticoles pour Lons-le-Saunier en 2006, l’ampélographie de Charles Rouget pour Salins-les-Bains en 2007… Un volet technique est également de la partie avec des symposiums sur les vins de voile ouvrant la porte à des délégations du monde entier. La percée, c’est aussi un parrain ou une marraine à l’image des José Bové, Joël Robuchon, Pierre Perret, Carl Zéro, Nathalie Simon, Evelyne Thomas et autre Jean-François Stévenin. « Je me souviens de réunions épiques avec des débats houleux et passionnés par rapport à certains choix » se souvient Jean-Charles Tissot. Des choix pas toujours simples comme celui dernièrement de limiter les entrées avec uniquement des préventes. « L’idée a toujours été de faire une manifestation qualitative. Nous avons dépassé les 50 000 visiteurs sur certaines éditions. Désormais, nous préférons calibré la fréquentation et favoriser l’accès aux caveaux, les temps d’échange, le tout avec plus de confort et de sécurité. »

Photo : photolyet.com

Jean-François Stevenin, Evelyne Thomas et Nathalie Simon, les parrain et marraines de l’édition 2014

 

 

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