Un colloque sur l’avenir du vignoble jurassien

30.10.2017 | Débats de comptoir

Vendredi 13 octobre, le Comité Interprofessionnel des Vins du Jura organisait en partenariat avec d’autres acteurs locaux une matinée spéciale sur l’avenir de notre vignoble. Plus de 300 personnes étaient présentes au lycée agricole de Montmorot pour échanger sur l’état de ce marché et ses opportunités de développement. Nous avons pu échanger avec certaines d’entre elles.

État des lieux et objectifs de développement

C’était le premier temps fort de cette rencontre. Rassemblés sur l’estrade de l’amphithéâtre du lycée, plusieurs acteurs de la filière ont brossé le tableau de l’activité viticole jurassienne de ces dernières années. Parmi eux, Jean-Charles Tissot, Président du CIVJ. « Le vignoble du Jura a le vent en poupe et une notoriété en hausse mais enregistre une érosion significative de sa production et de ses stocks ! » résume-t-il. Selon lui, les solutions pour que l’offre puisse suivre la forte demande consistent à planter de nouvelles vignes mais aussi à favoriser l’acquisition de vignes supplémentaires, notamment en dynamisant l’installation de nouveaux vignerons. Tout ça dans le respect de la qualité et des AOC, évidemment.

Rencontre avec les acteurs de la filière

Vigneron et Président de l’AOC Arbois, Hervé Ligier fait partie des nombreux professionnels convaincus de la nécessité de développer le vignoble jurassien pour coller à la demande croissante, notamment à l’export. « Notre développement doit être maîtrisé, sans concession sur la qualité et permettre à chaque vigneron de vivre correctement de son métier » rappelle t’il. Pour cela, le CIVJ a prévu d’effectuer d’ici le printemps prochain un recensement qualitatif des parcelles AOC non cultivées (il en reste 9000 hectares). L’objectif sera de planter une soixantaine d’hectares de nouvelles vignes chaque année pour rééquilibrer la balance. Mais le développement passe aussi par l’installation de nouveaux vignerons. Joël Morin, Président de la fruitière vinicole d’Arbois, a rappelé de son côté l’alternative intéressante que représentait la coopérative pour les jeunes qui souhaitaient se lancer.

Panorama de la transmission des exploitations viticoles

C’était le troisième temps fort de cette journée d’échanges. Pour parler de la transmission, le CIVJ a fait appel à la chambre d’agriculture du Jura, et plus particulièrement à Frédéric Desmaret, du service installation transmission. « Tout le monde ne le sait pas, mais il existe de nombreux outils d’accompagnement et de financement pour les personnes qui souhaitent s’installer. » Pourtant, Frédéric et son équipe ne voient passer qu’une dizaine de candidats par an, plus dans une optique de création que de reprise d’exploitation. Alors pour faciliter le passage de relais entre futurs cédants et repreneurs, des initiatives locales se sont créées à l’image de celles d’Amélie Guillot, viticultrice organisant des rencontres privilégiant l’échange entre candidats. Car même si c’est un sacré défi, reprendre une exploitation est tout à fait possible, comme en témoigne Clémentine Baud, vigneronne indépendante de 25 ans à la tête du domaine familial créé en 1742 !

 

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